Chapitre :

Quelques enseignements au bout de ce chemin

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écrit par François de Montfort ,Pierre d'Elbée
Au terme de ce parcours et de cette année avec ce thème, quels sont les enseignements que vous tiriez ?
 
François :
Il y a un désir légitime d’évaluer de voir si on a progressé, d’avoir un juge de paix impartial, mais la performance n’est pas un but, c’est un résultat d’un but que l’on poursuit, toute tentative de maîtrise totale est illusoire et peut entraîner des déceptions ou des surprises positives.
 
La performance nous met en projet, en tension par rapport à un objectif chiffré. Ce qui est paradoxal, c’est que la performance nous coupe parfois du présent où se situe l’action, le plaisir de faire, source de performance. J’aime bien cette phrase de Julien Bahain qui ne pense pas à la médaille lorsqu’il prend le départ de sa course, c’est libératoire.
 
Une autre idée est que quand bien même on aura tout évalué, il restera une alchimie mystérieuse, source de performance, qui échappe à la mesure.
Ce parcours sur la performance nous donne une véritable sagesse quant à l’utilisation du concept dans toutes ces dimensions.
 

Pierre :
La performance est une valeur utile. Il faut resituer les valeurs utiles dans une dimension autre, sans quoi on fait du réductionnisme. Il existe des valeurs différentes qui sont d’autres univers qui humanisent ce monstre froid qui est la performance, par exemple : le plaisir, la convivialité, du rêve, ce sont des valeurs agréables. A vouloir trop être performant, on sort de la performance.
Il existe aussi des valeurs éthiques de respect de la personne, par exemple : des valeurs esthétiques. La performance à son point d’achèvement rejoint d’autres valeurs, la beauté du geste par exemple. Il faut voir les valeurs en interdépendance, ce qui humanise le terme.
 
En quoi les domaines se répondent ?
 
François :
Je crois pouvoir dire qu’au départ, c’était la connaissance des personnes et des différents domaines d’activité qui m’a donné l’envie de les juxtaposer et de voir s’il pouvait s’enrichir.
C’est mon côté chef d’orchestre rentré qui a envie de voir si tous les instruments font une musique cohérente et belle.

Il y a de vraies correspondances entre le sport et le management. Par exemple, l’attention aux résultats et aux moyens, ce sont deux attitudes qui se retrouvent dans les deux domaines, avec un avantage au plaisir de faire dans l’instant, c’est-à-dire aux moyens que l’on prend, avec en perspective la finalité.
 
Le chapitre foi et performance a une portée pratique et explicative sur la réussite humaine, il y a là une sagesse à puiser qui me paraît très forte qui plonge dans l’histoire.
 
Le chapitre sur la performance de villes montre que quand bien même, on aura cerné tous les critères, l’alchimie que représente une ville ne pourra pas être mise en équation. De même qu’un élève ou une personne échappe et heureusement de la grille d’analyse soi-disant objective dans laquelle on veut la mettre.
 
Tous les chapitres montrent cette vie féconde, diverse, inattendue qui échappent à nos modélisations qui parfois nivellent.
 

Pierre :
Il faut préciser que ce projet n’est pas encyclopédique, ce sont les acteurs qui ont voulu réfléchir et échanger sur leurs expériences, pour donner du sens à leur pratique de la performance. Cela n’a pas de vocation à être complet, l’intérêt est dans l’interrogation. C’est une initiative destinée à être complétée, qui pourra donner lieu à un colloque, tout ce que nous disons part d’un vécu.
Plusieurs contributions posent des limites à la performance, parlent de la vie. Cette thématique revient souvent ce qui est commun, c’est que l’on a affaire à des êtres humains. Tout être humain réduit à une vision de performance se plante, mais d’autre part on ne peut plus se permettre de faire des choses non performantes. Les associations caritatives doivent être performantes par rapport à l’argent qu’on leur donne, c’est paradoxal si on travaille que sur la performance, on devient matérialiste, il y a de la performance même dans le gratuit. La notion de jugement comparatif se généralise, la question que l’on pose c’est est ce que les indicateurs sont sérieux ?
Ce n’est pas le principe de la comparaison qui est remis en cause. Cette course pose un problème par rapport à la créativité, on développe un modèle. Le vrai défi, c’est d’amener des gens moyens à un projet grandiose.
 
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François
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